Yves Viollier "Raymonde"

Oh Dieu, pourquoi donc en mourant ne nous as-tu pas mués en dieux ! Ma trajectoire quand je m'efforce de toute mon âme de la maintenir en droit ligne, si je me retourne elle ressemble à ces sillages laissés par les avions, dont le trait un instant précis, peu à peu se dissout, devient flou. Et tout est à refaire, tout s'efface, tout se ternit. Seigneur, donne moi un bout de ton crayon à la pointe si bien taillée, et guide ma main, que je fasse le portrait de ta création, que ce que j'écris te ressemble" Yves Viollier "Raymonde"

«Je ne suis pas assez méchante pour me donner en exemple» Sab plagiant Louis Ferdinand Céline
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dimanche 24 avril 2011

MA SEMAINE SAINTE EN COMPAGNIE DE JACQUELINE DE ROMILLY




Cette semaine, j'avais envie de retrouver Jacqueline à travers son recueil d'actualité :

"Les Oeufs de Pâques".

Je peux parler de Semaine Sainte, Jacqueline étant au Ciel en train de discuter avec Homère et Thucydide. Elle reste vivante au fond de moi. J'essaie de la redécouvrir, de la chercher encore et encore à travers ses mots. Elle sera autant éternelle que j'aurais un souffle de vie. C'est ce que j'appelle la vie éternelle des écrivains. L'auteur peut mourir "physiquement" mais son esprit, ses mots vivre à travers les livres. Regardez Sagan, elle n'a jamais été aussi vivante depuis qu'on réédite ses romans. Ses mots nous parlent encore. Comme Jacqueline. 

dimanche 19 décembre 2010

A Madame Jacqueline de Romilly...





Mon cœur est à la tristesse ce matin. Jacqueline de Romilly est allé rejoindre Homère dans son éternité. Cette douce mamie à l'érudition et à la générosité sans faille. Celle qui nous a fait regretter de ne pas avoir pris le grec en option.

Elle manquera à ceux qui avaient l'habitude de la lire. Je pense aussi à Nikos Alliaga qui était son ami.

On perd aussi une sacré référence en matière d'enseignement. J'avais toujours comme habitude de dire "Si tous les profs, instits avaient la même passion d'enseigner qu'elle on aurait largement moins de cancres." Ce n'est pas la matière première qui cause problème, ce ne sont pas les programmes mais les profs. Il n'ont plus la foi en l'élève, ils ne sont qu'obsédés par leurs conditions de travail, leurs plan de carrière et malheur à celui qui oserait toucher à leurs avantages, leurs privilèges.

Jacqueline a du en souffrir de voir comment l'enseignement est torpillé de l'intérieur. Pas seulement du Grec mais dans son ensemble.

Je ne peux que remercier Madame Jacqueline de Romilly de nous avoir encouragés à l'excellence, à l'observation du quotidien... D'aimer notre si belle langue.. Pour ceci je vous en serai toujours reconnaissante.

Et dans mon cœur, vous resterez immortelle... A travers vos livres...

Et dire que pendant ce temps là, les journaux ne parlent que de foot, de neuneus bloqués par la neige... Ma pauvre France on fonce droit dans le mur de la médiocrité ...

dimanche 1 août 2010

LES SAGES PAROLES DE JACQUELINE...

Alors que le débat sur la sécurité, la nationalité française qu'on doit déchoir ou pas, ces parents de mineurs démissionnaires qu'on peut éventuellement mettre en prison à la place de leurs chers rejetons. Parmi tous ces débats qui font fureur... Posons nous et lisons ces paroles qui ont été écrites en 1998 par Jacqueline De Romilly. Ils prennent du relief avec les évènements actuels. Issu du livre "Le Trésor des savoirs oubliés"



Les problèmes de notre temps, chacun les connaît ; l'actualité ne cesse de les rappeler, d'en dire la gravité. Tous sont d'accord : nous vivons en un monde de crises. Et j'emploie à ce dessein ce mot au pluriel en lui donnant tout son poids et toute sa force. Ils s'agit de crises politiques et sociales, de crises morales et aussi, j'y reviendrai, d'une crise de l'enseignement.

Je n'insisterai pas sur ces faits dont l'évidence est indiscutable. Comment ne pas parler de crise politique, quand on voit les gouvernements et les partis alterner, sans susciter l'intérêt d'une bonne partie du pays ? quand on voit les hommes politiques poursuivis, quelque soit leur parti, dans des procès et mis en examen, ce qui prouve ou bien qu'ils ont été fort légers et égoïstes, par rapport au bien public ou alors que leurs ennemis montrent un acharnement lui aussi contraire au bien public. Comment ne pas parler de crise sociale, quand tous insistent sur la fracture existant entre les différentes couches de la société, quand tant de gens sont sans emploi, quand la jeunesse perd confiance dans l'avenir parce qu'elle se voit réduite au chômage, quand enfin une partie importante de la population traîne non seulement sans travail, mais sans droits, sans respect des règles, sans logement, sans véritable espoir - tout cela, on le sait, ne va pas. Tout cela révèle une atmosphère de crise. De là résultent toutes sortes de troubles. Nous vivons dans un monde où la violence sévit partout, où la sécurité n'est plus assurée. Même les progrès de la science finissent par créer des crises, en faisant naître des pollutions, des risques d'empoisonnement divers, que ce soit le sang contaminé, l'amiante, la vache folle, ou encore les dangers d'explosion - la menace est partout, autour de nous. Je ne parle même pas des menaces qui viennent d'une vie sociale désorganisée où les grèves sont souvent sauvages, où les manifestations tournent elles aussi à la violence. Et comment ne pas rapporter tout cela à une crise morale ? Cette crise morale peut être le résultat de difficultés ; elle en est aussi, en partie, la cause ; mais elle est indéniable. Si les hommes politiques prêtent au soupçon, si les citoyens se désintéressent de la collectivité, si les jeunes eux-mêmes, et dès l'âge scolaire, se déchaînent en violences et en destructions, alors que le seul salut serait pour eux de préserver le bien commun sur lequel doit se prélever leur propre part et se fonder leur avenir, alors c'est qu'il y a une crise morale grave.

Je lisais ces jours-ci dans les journaux l'agression de ces quatre garçons qui ont, sans aucune raison  au monde, précipité à l'eau et noyé un homme âgé et infirme, qui pêchait tranquillement au bord de l'eau sans faire de mal à personne. Ils l'ont tué et ils n'avaient pour cela aucun motif particulier. Ils voulaient simplement se distraire, faire une farce, montrer leur indépendance. Ils ont montré en réalité qu'ils étaient des esprits vides, à qui nul n'avait appris le respect d'autrui, à qui nul n'avait enseigné des façons de se sentir responsable et capable d'agir raisonnablement : entraînés par l'excitation, ils avaient agi comme des bêtes ou plutôt de façon pire ;car je ne suis pas sûre que les animaux se livreraient à de tels actes : il faut pour cela l'encouragement d'une propagande libertaire et d'une éducation trop timide. Oui ! La crise se traduit dans les esprits eux-mêmes et elle menace vraiment la dignité de l'homme.

Tout cela, on le comprend. Il s'agit en somme d'une évolution brusque qui a sapé, à la fois, ou peut-être successivement, les valeurs religieuses, le rôle de la famille, le sens de l'obligation, le respect d'autrui et bien d'autres traits sur lesquels se construit une société. 

De toutes ces crises, celle qui atteint l'enseignement mérite un traitement à part. Qu'elle existe en elle-même et que beaucoup s'en plaignent, je crois que c'est indiscutable. Il est pitoyable de voir la France compter une proportion d'illettrés supérieure à celle de la plupart des autres pays, puisqu'elle est de plus de 40 %, alors que la France avait pour tradition d'être en ce domaine un modèle ou au moins le centre d'un rayonnement culturel souvent reconnu. Mais je n'évoquerai pas une fois de plus, cette question de niveau et de problèmes propres à l'enseignement. A mon avis cette question doit être mise à part des autres et cette crise également ; car elle n'est pas sur le même plan. Elle peut paraître mons grave, on la voit moins, mais elle a avec ces autres crises un rapport qui est, en partie, de cause à effet - et cela de façon directe.

Dans une certaine mesure, les difficultés de l'enseignement sont l'effet du malaise de la société. Si la cellule familiale n'avait pas été abolie, ne s'était pas trouvée ramenée, dans bien des cas, à une seule personne et vouée à une constante instabilité, les parents auraient pu se charger de ce rôle d'éducation et de formation qui manque si cruellement aujourd'hui. D'autre part, si la société n'avait pas partout remplacé le sens du respect par celui d'une complète égalité, l'atmosphère de l'enseignement aurait été meilleure et l'anarchie qui règne aurait été évitée. On ne peut s'empêcher de penser au fameux texte de Platon dans la "République", où il décrit les excès de la démocratie en signalant que, dans ces régimes extrêmes, le professeur a peur de ses élèves et qu'il les imite au lieu que ce soit eux qui l'imitent lui.

Mais il est plus important de comprendre que l'enseignement prépare la société de demain. Que c'est lui qui forme les hommes qui auront à se débattre, à trouver un emploi, à le garder, à s'y briller, çà inventer de nouvelles entreprises, à mener une meilleure politique, à se faire entendre de leurs concitoyens et qui prépare ces concitoyens à juger librement et clairement sans se laisser aller au gré des phrases toutes faites, du langage de bois et des propagandes qui les menacent aujourd'hui de partout.

Naturellement, ce n'est pas par l'éducation qu'on résoudra tous ces problèmes divers, économiques et sociaux. Mais, inversement, il me paraît absurde de vouloir les résoudre sans tenir compte de l'élément humain, qui y est impliqué en premier chef.

Jacqueline De Romilly

De vraies et sensées paroles à méditer....

jeudi 29 juillet 2010

Merveilleuse Jacqueline De ROMILLY

MERCI MADAME !
 
Vous avez lu les conseils de lectures cet été, pour nous les femmes pas terrible, que des histoires de pintades ou des histoires écrites par des pintades... Vraiment entre les livres pour nunuches "Les pintades machin trucs" ou les livres par les superficielles Abecassis, De Rosnay et Cavalda... Non c'est pas du sérieux...

Je vous propose de découvrir une grande dame qui a 97 ans est un femme à découvrir de toute urgence. Madame Jacqueline de Romilly... Ne vous fiez pas à son imposante biographie. Certes elle est à l'Académie Française, a été la première femme professeur du Collège de France. Cette "frêle" mamie croule sous tous les Prix et Distinctions (bien mérités). Il y a de quoi en rester impressionnée et muette par tant d'admiration. Vous ne connaissez pas Jacqueline, attendez d'avoir lu au moins un de ses livres pour lire son imposante biographie.

Jacqueline pourrait se la jouer la papesse du savoir. Avoir l'attitude hautaine voire supérieure vis à vis des personnes. Elle pourrait jouer la diva... Non au contraire, elle est restée simple. Simple dans ses écrits, simple dans ses rapports avec les gens. Certes ces rapports là sont devenus un peu plus compliqués à cause de sa cécité et son grand âge. C'est une femme qui avait comme sacerdoce l'enseignement. Elle al'obsession du bon partage, de la transmission du savoir entre les générations.

Bon je vous vois vous plonger dans l'imposante biographie... Je vous propose la liste suivante. Evitez d'abord si vous êtes néophytes les livres ayant trait à la Grèce (Il est vrai que Jacqueline a consacré bien des années à l'enseignement de la civilisation et de la langue grecques mais ces livres peuvent dérouter pas mal de lecteurs peu habitués à ce genre de littérature).

Tout d'abord, prennez un crayon et un papier, notez :

- Dans le jardin des mots : INCONTOURNABLE LIVRE DE CHEVET...J'en dit pas plus vous découvrirez pourquoi en le lisant.
- Les roses de la solitude 
- Le sourire innombrable
- Laisse flotter les rubans
- Le trésor des savoirs oubliés

Déjà avec cette mini liste, vous avez des larges instants de bonheur de lecteur. Jacqueline vous prend par la main et vous fait visiter ses endroits comme on visiterait un parc. Une nouvelle pour elle c'est comme découvrir une fleur, une plante. Des nouvelles tendres, passionnantes dont on apprend toujours quelque chose... Elle vous balade dans le pays des mots, des belles phrases en simplicité et bienveillance. Vraiment ne pas lire Jacqueline de Romilly serait un manque de savoir lire et une erreur formidable. Surtout que ses méditations sur la société, la vie et surtout l'enseignement se vérifient encore et s'avèrent vraies Avec le prix d'un broché d'un Gavalda ou De Rosnay vous avez cinq  formats poches, cinq chefs d'œuvres de la littérature française. Puis je vous propose aussi le petit dernier "broché" "Les révélations de la mémoire" pour seulement 15 euros (quand je pense qu'il y en a qui dépensent 20 euros pour un navet d'autres pintades écrivaillonnes).

Je profite que Jacqueline soit en vie pour lui dire MERCI ! Je sais qu'elle n'est pas éternelle. Mais Merci de nous donner l'envie de lire. Qu'on ne se satisfasse pas de nos acquis. Qu'on reste des perpétuels curieux, toujours apprendre... Vos élèves, Madame, ont eu de la chance, un immense privilège de vous avoir eu comme prof.

"N'attendons pas que la mort donne du talent", allez à la découverte de cette dame, vous ne le regretterez pas... Bien au contraire...

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