Yves Viollier "Raymonde"

Oh Dieu, pourquoi donc en mourant ne nous as-tu pas mués en dieux ! Ma trajectoire quand je m'efforce de toute mon âme de la maintenir en droit ligne, si je me retourne elle ressemble à ces sillages laissés par les avions, dont le trait un instant précis, peu à peu se dissout, devient flou. Et tout est à refaire, tout s'efface, tout se ternit. Seigneur, donne moi un bout de ton crayon à la pointe si bien taillée, et guide ma main, que je fasse le portrait de ta création, que ce que j'écris te ressemble" Yves Viollier "Raymonde"

«Je ne suis pas assez méchante pour me donner en exemple» Sab plagiant Louis Ferdinand Céline
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jeudi 20 janvier 2011

Clemenceau for ever....

Je viens de trouver une petite merveille de texte de la plume de Clemenceau. Un texte encore d'actualité, hélas en un certain sens... Il l'avait écrit au temps de l'affaire Dreyfus...




"C'est dommage que tous les Français..."

"C'est dommage que tous les Français ne soient pas d'accord pour réclamer la justice impartiale pour nous tous. C'est dommage qu'il se trouve des républicains pour invoquer la raison d'Etat et consentir, sous un gouvernement libre, le maintien des iniquités du "Bon plaisir". C'est dommage que des hommes qui se font un nom dans les revendications de justice sociale dépensent aujourd'hui ce qu'ils ont d'autorité à tenter de persuader à la France que les pratiques d'arbitraire, jadis condamnées par eux, sont excusables dans certains cas, et que l'ont peut les tolérer contre autrui quand on ne s'en croit pas menacé. C'est dommage que tant de gens qui pensent différemment se laissent effrayer par les injures des cyniques et n'osent se dire ouvertement les champions de la justice et de la vérité. C'est dommage que le gouvernement ait, par une série d'actes inexplicables, encouragé par la pensé qu'il peut impunément voiler la vérité et violenter la justice pour couvrir les fautes de quelques hauts personnages. C'est dommage qu'en agissant ainsi les ministres aient perdu tout droit à la confiance publique et ne se présentent plus à nous, quelles que soient les nuances politiques qui nous séparent, comme les gardiens fidèles des droits primordiaux de tout citoyen dans une société civilisée C'est dommage que notre patriotisme soit de paroles et non d'action. C'est dommage que les citoyens s'abandonnent au lieu de réagir contre les pouvoirs publics qui trahissent leur devoir. C'est dommage que la haute vertu de la tolérance soit maintenant bannie de l'esprit français. C'est dommage que les beaux sentiments se cachent et que les mauvais se montrent."

samedi 25 septembre 2010

Georges Clemenceau et Edmond de Goncourt...




Une belle leçon d'humilité donné à tous.... Certains écrivaillons devraient méditer cette lettre ! Quand je vois l'arrogance insupportable de certains écrivains qui méprisent les lecteurs...  A tous ceux qui courent vers les honneurs et les prix... Un vrai écrivain (oui Clémenceau était un brillant écrivain) qui doute encore de ses capacités...

A Monsieur Edmond de Goncourt...

Paris, 30 août 1894

Cher Monsieur,

Ai-je besoin de vous dire combien votre lettre m'a fait plaisir ? J'ai écrit comme je sentais. Je suis heureux de savoir de vous que j'avais bien senti. Non, ce n'est pas un compliment de me rappeler que j'ai trop donné de ma vie à la politique, mais puisque vous entrouvrez la porte du bâtiment*, laissez-moi espérer que j'en pourrai peut-être quelque jour franchir timidement le seuil.

En toute sympathie

G. Clemenceau


* La littérature

Clemenceau et Monet...





J'ai des livres qui ne quittent pas ma table de chevet. "Le tresor des savoirs oubliés" de Jacqueline De Romilly, "L'inconvénient d'être né" Cioran et aussi "la correspondance" de Georges Clémenceau.



C'est de ce dernier que je tenais à vous parler surtout que depuis quelques jours on parle de Claude Monet. En effet, au Grand Palais à Paris. Claude Monet est indissociable  de Georges Clemenceau. Ils étaient liés par une forte amitié. Georges admirait Claude. Et inversement. Mon plus beau tableau de Monet n'existe plus. C'était le jardin fouillis, bordelique. Un véritable feu d'artifice qui était à la maison de Georges à St Vincent sur Jard... Il a été "débroussaillé", taillé etc... (un vrai massacre à mon avis, il ne reste plus rien). Mais les jardiniers me diront que c'était un mal nécessaire ! Mais je suis triste quand même... 

Sinon, j'ai feuilleté à nouveau les correspondances de Georges Clemenceau... Et que de belles lettres entre ces deux personnages. Un Clemenceau attentif à la santé fragile de son ami... Vraiment, je ne m'en lasse pas... 

Je vous poste ma préférée...


Paris, le 1 er décembre 1923
Combien j'ai été heureux, cher ami, d'apprendre que vous étiez au travail ! Il ne pouvait pas y avoir une meilleure nouvelle. Allez-y, mon vieux frère, sans regarder à droite ni à gauche et poursuivez votre chemin. Le reste s'arrange toujours. Je voulais simplement savoir, sans vous le demander, dans quel état d'esprit vous étiez. Je le sais maintenant. Votre bon bateau a repris la mer. Naviguez. Ici nous sommes dans le brouillard. L'important est d'avoir le soleil dans le coeur.
Je vous embrasse.
GC

PS : Toujours mon culte à l'ange bleu.

Merveilleuse lettre que je dédie à tous ceux qui peuplent mon blog, ces fabuleux écrivains, ces artistes qui  embellissent la vie et qui  nous éclairent dans le brouillard  nos quotidiens trop routiniers.... Merci !

Je vous conseille aussi la visite à Venansault le jardin de Loriot  qui consacrent une ballade avec pour thème l'amitié entre Claude Monet et Georges Clémenceau.


samedi 10 juillet 2010

CLEMENCEAU A TOUJOURS RAISON....

Même 105 ans après... En pleines affaires de gros sous, Woerth, Bettencourt, Bettancourt (Ingrid réclame près de 6 millions de dollars pour sa capture à l'état colombien, grotesque !), les scandales de l'équipe de France...



Ce texte en est même prophétique.... Ecrit en 1895 !

"La vie des uns atrophiée par la misère, a pour conséquence fatale la vie des autres étouffée par la congestion. Le fils de l'ouvrier fondeur étiolé de misère physiologique, le fils du maître fondeur dépensant, il ne sait comment , un million, en huit jours de noce abêtie (...). L'envie, la haine en bas ; le mépris, la peur féroce en haut ; la vie perturbée, décimée partout, voici le résultat du régime." La conclusion coule de source : "Souhaitons au corps social une meilleure circulation de richesses et aidons toutes réforme qui y pourra concourir.  Moins de congestion tout en haut fera moins d'anémie tout en bas. Double profit pour l'humanité...".

Le praticien de Montmartre qui gagnait chichement sa vie en soulageant des misères n'a jamais cessé par la suite de s'en prendre aux brutalités du capitalisme. On ne sait jamais assez qu'il a été un apôtre de la médecine du travail...

Issu de la correspondance de Georges Clemenceau (1858-1929) Edts Robert Laffont... Les bouquins...

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